Expédition Kayak

Allez ! On vous emmène faire un tour en kayak. Doudou et moi dans un kayak jaune et Thomas Isabelle, dits « les Pros », dans un autre… mais rouge. Martine, terrorisée à l’idée de revivre ce que nous avions vécu dans le Marais Poitevin : c’est-à-dire, elle ramant et moi tapant dessus à coups de pagaie pour qu’elle rame correctement. Cette fois-ci, y’a pas eu besoin d’user de coups de pagaie ! Tom lui a donné un cours de ramage et nous voili parta, nous voilà partis dans les flots déchainés, vent force 1, des creux de quatre, voire cinq centimètres…Afin de prévenir tout incident (renversement dans la tempête, agression de baleines ou attaque surprise du grand requin blanc )nous n’avions même pas emporté avec nous un appareil poto pour immortaliser notre épopée.
Nous avons abordé sur une petite plage déserte située tout au bout de Long Beach .A l’ombre des cocotiers, nous avons laissé nos embarcations et avons plongé dans le turquoise du golfe du Siam. Y’avait pas grand chose à voir : quelques petits poissons, au demeurant fort jolis, du corail dévasté peut-être par les tempêtes ou l’utilisation scandaleuse de dynamites pour la pêche, quelques gros colombins qui ressemblent … à des gros colombins, (des concombres de mer) et des cochonneries en plastique par centaines. Sur la plage, on aurait dit « Chubiguer » (décharge de Belle Ile). Nous avons fait le tour de l’île qui nous faisait face et avons accosté sur un isthme. On a profité de l’unique « Bar du bout du monde »pour s’offrir un petit café puis nous sommes allés visiter la plage et ramasser des coquillages, tout comme i font les touristes quand c’est qui viennent chez nous. Nous sommes repartis en passant devant plusieurs bungalows super luxueux avec pas de plancher mais une énorme vitre pour avoir directement la vue sous le monde marin … et ses gros colombins ! Des lits que moi j’appelle des baisodromes où tu peux dormir à quarante, tout en teck, super déco. Mais ça coûtait quand même 3 000 Baths pour y passer la nuit. Comme on avait pas emmené le porte-monnaie avec nous, je n’ai pas pu offrir à Martine une nuit dans cet hôtel de roi. Quel dommage! Si j’avais su …c’est ballot quand même ! Alors on est rentré au Tree House dans notre paillote à la Robinson Crusoé. La petite virée kayak s’est donc très bien passée, Doudou n’a pas reçu de coups de pagaie sur la tête.
Pagaie, pagayer, même si t’es pas gai, pagaie !
Avec Tom, on a joué les prolongations. On s’est refait une petit virée dans une mer un peu plus formée. Heureusement que Martine n’était pas du voyage, elle aurait sans doute succombé devant la force tumultueuse des éléments en furie. On s’est arrêté devant le mémorial de la marine de guerre thaïlandaise. En effet, à quelques encablures d’ici, le seul et unique navire de guerre thaï a été envoyé par le fond par la marine … française, eh oui! En 1941 ! Qu’est-ce qu’on est bien venu faire ici à emmerder ces pauvres gens qui ne feraient même pas de mal à une mouche .(Martine me dit que les Thaïs les mangent, les mouches !). On s’est donc recueilli devant le mémorial très kitch qui trône sur un bout de plage et, au nom du gouvernement français, j’ai prononcé mes plus plates excuses pour cet acte guerrier qui a entraîné la mort inutile d’une trentaine de malheureux Thaïs.
De profundis ! Amen !

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