Voyage à Bangkok

Levés tôt ! Plutôt fatigués ! Faut dire qu’on n’est plus trop habitué à la clim, le fan (le ventilateur), les odeurs de raclures de fond d’évier qui viennent de la salle de bains, et le décalage horaire.
Je me suis levé d’un bond ! Direction le New Siam hôtel où résident nos amis Bellilois. Pas Tom et Isa, non ! Mais d’autres amis , Bellilois eux aussi qui ont dû arriver hier soir et qui repartent vers le nord dans quelques jours ! On voulait les trouver au saut du lit… et on les a trouvés dans leurs lits. Nous avons ainsi petit-déjeuné avec Marie, Mémé, Danielle et Jean-Yves. On les a quittés dans la matinée pour se mettre à la recherche d’un peintre susceptible de pouvoir reproduire sur toile les photos que je conservais dans l’ordi. Le hasard nous a menés au pays des Fourmis : Chinatown !

 

On s’est pris un « bain de Chine » : on circule (c’est un bien grand mot) au milieu des épices, des champignons, des crevettes, des trucs qui bougent, des trucs qui ont dû bouger, des pharmacopées chinoises, des vendeurs de pacotilles, de glaces à l’eau et de succulents jus d’orange frais à tomber par terre.
Par contre , on est resté en admiration devant les épilatrices chinoises qui t’enlèvent le duvet du visage en utilisant du fil à coudre mouillé à la salive, fil qu’elles font rouler sur la peau !
On est reparti vers le MBK CENTER, un hyper super méga marché couvert où nous avons rencontré plusieurs peintres. Malheureusement, aucun d’entre eux n’a accepté de reproduire des peintures sur un petit format . Moi qui voulais offrir des « toiles de maîtres » à mes amis : je suis déçu. On s’est dirigé ensuite vers le Panthy Plaza, un des plus grand centre d’électroniques au monde, et dont j’avais déjà parlé l’an passé. Là, on a fait marcher la carte bleue : lunettes, montre, écouteurs, souris pour l’ordi, DVD, et même un affareil poto pour Doudou.
On est revenu en bus (oui, oui, ça s’appelle comme ça). Le bus, ici, c’est un peu « spécial » :
une fois sur deux, tu ne payes pas, le contrôleur n’ayant pas envie de se lever pour aller encaisser tes 12 baths ! Les bus doivent dater de l’ère carolingienne. Je me suis d’ailleurs demandé où était la soute à charbon ? Ça couine, ça vibre, ça pétarade… mais ça roule. Souvent, ce sont des femmes -plutôt élégantes- qui conduisent le mastodonte avec une dextérité toute « thaïlandaise ». La chauffeure te saisit le manche d’une main experte, le caresse avant de l’empoigner et l’envoie valdinguer d’avant en arrière pour trouver la bonne vitesse. Le tout au son de la musique Thaïe, qui, comme chacun sait, n’a rien n’a envier à Mireille Mathieu et son orchestre de chambre punko-gothique !!! Ça doit bien consommer dans les 5O litres de kérosène au 100, ces engins-là !

 

En arrivant au Taewez, Heino Pormann nous attendait. On a bu force bière pour fêter cette incroyable rencontre . La larme à l’œil, il nous a raconté sa version du sauvetage et nous a assuré qu’il n’avait jamais fait partie du KGB (Seul Bouddha sait !). On lui a montré les films tournés en Estonie, les photos et tous les articles de presse. Comme il parlait anglo-estonien très vite avec un accent « very très spécial », ça n’a pas été de tout repos pour comprendre ce qu’il disait. Mais bon ! On a quand même saisi l’essentiel. Et l’essentiel pour Heino : c’est que l’Amérique, c’est beaucoup mieux que la Russie. Et on veut bien le croire ! Quoique l’Amérique, ça vaille pas Belle Ile !

 

Nos amis du matin nous ont ensuite rejoints et on est tous allé se taper la cloche dans un super resto au bord de la Chao Praya River avec vue sur le King Bridge tout illuminé. On a remis sa médaille et son diplôme à Heino qui était très ému… et tant pis pour l’absence de l’Ambassadeur de France en Thaïlande qui n’a pas pu se rendre à l’invitation. Il a raté les nouilles, le riz frit, le poulet grillé, les brochettes de saté, les petits légumes au wok et la sauce qui fait pleurer. Cerise sur le gâteau, le serveur a apporté en guise de dessert une mangue coupée, du riz gluant et une sauce coco, le tout surmonté de quatre bougies (pourquoi pas 61 ?) pour fêter l’anniversaire d’Heino.

 

Je vous assure que de remettre, à la terrasse du Taewez, au nom du gouvernement français et du président de la SNSM la médaille de sauvetage à cet ancien officier radio soviétique, ça a été un moment, quelque peu original, mais un grand moment quand même !
La Totale, je vous dis! On lui aura fait la Totale, au Heino !!!

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